Créer sous le regard de l’autre : entre pudeur et libération
- virginie garcia
- 10 juil. 2025
- 2 min de lecture

Créer, c’est intime. Même quand ce n’est « que » de la peinture, un collage, une phrase griffonnée sur une feuille. Parce que ce qu’on pose là, même sans le vouloir, vient de quelque part en nous.
Et pourtant, en séance d’art-thérapie, on ne crée pas seul dans une bulle. Il y a quelqu’un. Un regard. Un silence en face.
Et ce regard-là peut tout changer.
Entre peur du jugement et besoin d’être vu
Beaucoup arrivent avec cette crainte : "je ne sais pas dessiner", "je vais faire n’importe quoi", "ça ne veut rien dire". Comme s’il fallait se justifier d’exister, même dans ce qu’on exprime.
Mais il ne s’agit pas de faire beau. Il s’agit d’être vrai.
Et pour ça, le cadre compte. Le regard posé par l’art-thérapeute n’est pas un regard qui évalue, mais un regard qui accueille. Qui laisse l’espace à ce qui cherche à émerger. Qui ne demande rien, mais soutient tout.
Dans ce climat, peu à peu, la peur cède la place à autre chose :
la possibilité d’être vu sans être jugé. Et pour beaucoup, c’est déjà une réparation.
Créer en présence, c’est déjà se relier
Dans l’atelier, quelque chose circule.
Même sans parler, même sans montrer, il y a du lien.
Un rythme qui se crée. Une respiration commune.
Parfois, on crée côte à côte. Parfois, on reste dans son monde.
Mais on n’est plus seul.
Et souvent, c’est cette simple présence de l’autre qui donne la force d’aller plus loin. De toucher ce qui faisait peur. D’oser ce qui semblait interdit.
Oser être, tout simplement
Créer en étant accompagné, ce n’est pas « montrer ce qu’on sait faire ».
C’est oser se dire autrement, sans avoir besoin de tout raconter.
Parfois, on reste dans le silence.
Mais le silence aussi est un espace partagé.
Et dans cet espace, on avance. Par petits bouts. Avec douceur.
En conclusion
Dans le cadre sécurisant de l’art-thérapie, le regard de l’autre devient un soutien, pas une menace. Il devient le témoin d’un mouvement intérieur, parfois imperceptible, mais fondamental.
Et ce regard bienveillant, cette présence qui ne force rien, peut suffire à raviver ce qui en nous n’osait plus vivre.




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